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Passion-Play-Zeitgeist

Tempest – Columbia – 2012




Passion-Play-Zeitgeist

Les portes de la perception (The Doors of Perception) ont été purifiées dans le sang. Mais le sang de qui ? De tout le monde. Pourquoi est-ce que ce sang a été versé ? Cela ne regarde strictement personne. Ce disque est aussi dur, rouillé et patiné que possible. Et avec ce grincement et ce son de girouette, il a roulé sa bosse sous le soleil de Golgotha avant de terminer sa route, de la tête grasse aux pieds ignobles.

Se préparer à écouter ce disque est une course vaine, car la tempête qui arrive se vit en se tenant à l’abri et Bob Dylan en a clairement assez. Assez de quoi vous allez dire. De tout ce qui est encore vivant ou pas encore tout à fait mort. Des gens, des endroits et des choses sur lesquels on a tiré en pleine lumière et qui sont morts sans aucune raison.

C’est un disque sur lequel on peut danser et dont le Roi des Rois serait fier. Et c’est un disque à l’image d’une brouette qui refuse de reculer et n’a pas peur de se balancer et de pousser des cris.

Passion-Play-Zeitgeist #2

Je bouge. Je ne suis pas encore tout à fait immobile et cette musique est en train de danser sur ma tombe fraîchement creusée. Le téléphone sonne sans arrêt dans l'autre pièce et je suis en train d’étouffer sur cette musique joyeuse qui a aussi des accents de chant funèbre. Je me déteste de t’aimer et de la faiblesse que cela laisse paraitre et je me déteste de continuer à jouer cette main perdante pour des choses qui dépassent sa valeur. Il y avait l’amour délaissé et l’amour caché dans l’ombre il y avait un amour qui rampait à travers des débris de verre pour arriver à quelque chose, mais le genre d'amour qu'il faut pour franchir ces murs et traverser ces ponts a disparu du paysage depuis de longs siècles décharnés.

Ces chansons aux influences ecclésiastiques qui font penser à une rencontre entre Jean Baptiste et une galette de vinyle vous enchaîneront sur une croix que vous aurez fabriquée vous-mêmes alors que nous seront en train de faire de notre mieux pour rester en vie et digne dans ce wagon interdit à la périphérie de cette ville cubiste. La peste est terminée, à se demander si elle avait jamais eu lieu. Le parfum de la révolution plane toujours dans l'air, même s’il ne compte plus depuis longtemps. Je veux m'asseoir dans un restaurant sur la 39th Street à Brooklyn, commander la carte entière puis manger chaque bouchée pendant les 150 longues années à perdues.

Ce disque vous donnera un coup sur le côté de tête à plusieurs reprises, parce que des fois, c'est comme cela que ça se passe ... Et l’Eden continue de bruler pendant que personne ne semble vraiment y accorder quelconque importance. Cette Tempête était attendue depuis très longtemps.

Charles Cicirella