
Bob Dylan World Tours 1966-1974, Through the Camera of Barry Feinstein (1974)
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19 novembre 2008
Poèmes oubliés de Bob Dylan
Au cas où on l’aurait oublié, la poésie était sa vocation première. Qu’il l’ait accomplie ou non en devenant l’artiste que l’on sait, à chacun d’en juger. On ne va pas rallumer la vieille querelle assimilant la chanson à la ritournelle, dans le meilleur des cas. Les standards de Dylan me font toujours le même effet, et la nostalgie des années campus n’y est pour rien. Ca tient, c’est beau, c’est grand, ça vibre, ça provoque toujours le même frémissement, et basta ! Je ne vais pas vous
dresser la liste de mes morceaux de chevet, on a tous les même à peu de choses près, ni jouer au puriste qui voue Dylan aux gémonies depuis qu’il a branché sa guitare sur l’électricité. Alors, pourquoi remettre le couvert ? A quoi bon rappeler que Robert Zimmerman a choisi de s’appeler Bob Dylan en souvenir du poète gallois Dylan Thomas (1914-1953) ? Et ce qu’il doit à Brecht, Ginsberg et Rimbaud comme l’a bien analysé François Bon dans la biographie (Albin Michel) qu’il a consacrée l’an dernier à l’énervant chanteur à la voix détimbrée ? Parce qu’on vient de découvrir des poèmes de jeunesse inédits. Il les avaient écrits il y a une quarantaine d’années pour accompagner les photos hollywoodiennes de son ami Barry Feinstein qui avait couvert sa mythique tournée européenne de 1966 pour la magazine Life. Des photos de cinéma que Dylan place aussi haut que les images d’un Robert Frank, c’est dire. Quand on le confronte aujourd’hui à ses poèmes d’autrefois, Dylan ne tranche pas la question de savoir si cela relève de la poésie, il botte en touche et s’en remet aux universitaires. Ils viennent juste de paraître à Londres chez Simon and Schuster dans l’album de Feinstein sous le titre Hollywood Foto-Rhetoric. A vous de juger par ces trois poèmes sans titre choisis parmi d’autres. Les traducteurs volontaires sont les bienvenus car je n’ai pas l’intention de me risquer à translater de la poésie d’où qu’elle vienne en français…
”from the outside
lookin in
every finger wiggles
the doorway wears long pants
an slouches
no rejection
all’s fair
in love and selection
but be careful, baby
of covered window affection
an don’t forget
t bring cigarettes
for you might
just likely find
that one outside
leads farther out
an one inside
just leads t another
————————
death silenced her pool
the day she died
hovered over
her little toy dogs
but left no trace
of itself
at her
funeral
————————
jaundiced coloured girls
pop out of nowhere
offerin roses
cant eat your roses
get ’m out of here
gimme food
i dig food
cant swallow the smell
of your flowers, lady
want turkey buns
hamburger meat
history gets the hungries
an even the witches
sometimes have t eat
so please pardon me
an dont think i’m prejudiced
if i pour your drink
all the way down
your hairlip gown
there’s nothing t be
disturbed about
it’s just that
there’s enough people
bending over
with the fangs
of society
burnt into their backs “
(Copyright Bob Dylan and Simon and Schuster, special thanks to The Sunday Times)
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